MATHU MODEL

MATHU MODEL était une marque de modèles réduits initiée par Goerges MATHU à la fin des années 80 . Situé à MUSSON – Belgique, MATHU MODEL proposa des haut de gamme en petite série (250 exemplaires) dont la fabrication en métal blanc était confiée du fabricant GRANDSPOT/DJH MODEL LOCO. Les locomotives de MATHU MODEL étaient toutes de la SNCB/NMSB comme cette série 20 ci-dessous. Photographie de Georges Mathu.

MATHU MODEL LOCO HO COM 001 - Loco-ho

Je vous propose également de découvrir ou redécouvrir ci-après, un article de Jean-Marie TRIFFAUX publié en 1990 dans Le Soir. MERCI

“Prendre le train à Musson vers les quatre coins du monde”
Et la vie d’un futur père bascula…

Quinze ans de passion pour un univers où la taille est réduite et la série limitée.


La «Rolls Royce» des locomotives miniatures est belge. A Musson, quelque 130 exemplaires ont déjà quitté l’atelier de «Mathu Models». Elles sont vendues aux quatre continents.


Georges Mathu n’est pas un fonctionnaire comme les autres. Ce Mussonnais, employé au laboratoire des Ponts et chaussées d’Arlon, est connu dans la région comme «fou» de modélisme ferroviaire. Chez lui, les trains électriques ont tout envahi: la cuisine comme la chambre à coucher. Sans parler des trains de la ligne Athus-Meuse qui passent, grandeur nature, au fond de son jardin. Ce coup-là, il ne l’a pourtant pas fait exprès.


Son coup de coeur pour le modélisme ferroviaire s’est produit tardivement, à l’âge de vingt-deux ans. Sa femme et lui attendaient leur premier enfant. C’était en 1973. Convaincu que ce serait un garçon, il s’est rendu dans un magasin de jouets à Pétange. Tout s’est passé très vite. Un véritable coup de folie, raconte-t-il lui-même. Dans la vitrine, au milieu des jouets, un train électrique parcourait inlassablement son réseau miniature. Fasciné, Georges Mathu a regardé durant de longues minutes. En quelque instants, ma vie a basculé. Je suis rentré et j’ai acheté mon premier train. Après, ce fut la cascade. Aujourd’hui, je le regrette profondément car je suis devenu l’esclave de ma passion.


Pendant quinze ans, il n’a cessé d’acquérir et de construire de nouveaux réseaux de trains électriques miniatures, reconstituant avec soin la réalité jusqu’aux moindres détails. Pris dans l’engrenage, il est devenu à la fois architecte, paysagiste, documentaliste et électronicien, sacrifiant tout pour son nouvel univers. Un virus qui l’a dévoré au point de faire de lui un «maniaque».


Il y a deux ans, Georges Mathu achète un nouveau train électrique. Un de plus, dira son épouse. Du matériel de haut de gamme à prix élevé. Mais le produit se révèle médiocre: J’étais outré par son roulement. Comment une locomotive pouvait-elle se dandiner de la sorte sur des rails?


Après avoir juré qu’on ne l’y reprendrait plus, voici notre modéliste lancé sur la voie de l’innovation et de l’investissement. C’est à la foire internationale de Nüremberg, lieu de prédilection de tous les modélistes, qu’il découvre une firme anglaise susceptible de fabriquer pour lui en série les coques et les accessoires d’une locomotive de son choix. L’aventure est attirante mais l’investissement coûteux: plusieurs millions au total pour une série de 250 exemplaires. Ecœuré par la médiocrité des nouveaux produits disponibles sur le marché, il n’hésite pas.


Son choix s’arrête sur la «série 20». Une locomotive électrique fabriquée dans la réalité par la Brugeoise de Nivelles et utilisée par la SNCB sur la ligne Bruxelles-Luxembourg. Quand il commande photos et plans puis sollicite la permission d’en visiter une, on sourit à la direction des Chemins de fer belges où les demandes de farfelus, de nostalgiques et de passionnés ne manquent pas. Ayant finalement obtenu l’autorisation, il découvre la machine à l’atelier de Stockem puis à celui de Ronet. Ce qui l’attire avant tout, c’est le «look» de cette locomotive dont près d’une trentaine d’exemplaires sont en circulation.


Vingt-quatre mois plus tard, Georges Mathu à réussi son pari audacieux. L’usine de Consett, près de Newcastle, lui livre régulièrement des coques de «série 20» à l’état brut. A peine rentré du travail, il se met au travail, des soirées entières. Assis dans son petit atelier, lunettes grossissantes sur le front, il lime, brosse, colle, soude et peint. Peu à peu, la carcasse en métal blanc se transforme. Boisseaux, tampons, parafoudres, pantographes, essuie-glaces, circuits imprimés, châssis, carreaux et moteur sont assemblés puis testés. Le résultat? Un véritable bijou considéré au niveau international comme la «Rolls Royce» du modélisme ferroviaire.


A ce jour, quelque 130 exemplaires sont sortis de son atelier, chacun dans un coffret muni d’un certificat de fabrication. Un série limitée à 250 pièces au total. Le prix de vente est élevé et la clientèle faite de privilégiés: beaucoup de professions libérales, des médecins ou des avocats atteints du même virus qui se bousculent à Musson. Ils viennent de Belgique, du Luxembourg, de France, d’Allemagne, des Pays-Bas, de Monaco, des Etats-Unis et d’Australie. Depuis la dernière foire internationale de Nüremberg en février dernier, les Japonais sont intéressés. Seule difficulté rencontrée par George Mathu qui travaille seul, les délais de livraison extrêmement longs. Certains ne résistent pas et craquent avant. Les «série 20» miniatures se vendent sous le manteau à 150 % de leur prix normal.


Pour Georges Mathu, le rêve est devenu réalité. Et il ne fait que commencer. Sa société «Mathu Model» construira bientôt un nouveau modèle: la «série 26», également utilisée par la SNCB dans le Luxembourg. C’est que Georges Mathu est aussi un amoureux de sa région.


JEAN-MARIE TRIFFAUX
Le Soir /1990

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