SMCF

SMCF « Super Modèles de Chemins de Fer »

Marque française des années 1950 disparue en 1961 après son rachat par Meccano Hornby.

« Les trains de Guillaume » proposait une documentation complète de plus de 25 pages illustrées à propos de SMCF. Voici quelques lignes. 

L’histoire de SMCF par « LES TRAINS DE GUILLAUME »

La petite marque au sigle copié sur celui de la SNCF et signifiant “Super Modèles de Chemins de Fer” a été créée en 1948 par deux amis graveurs: Robert Guérin et René Collard.

Installée au 72, rue Edouard Vaillant à Montreuil, la firme sort ses premiers modèles en 1949.

Contrairement à d’autres marques à cette époque, la production est très fidèle à la réalité. L’échelle est respectée et les modèles ne sont pas raccourcis.

1949: les premiers modèles en bronze et en tôle

Au début, la petite firme va s’intéresser aux voitures voyageurs. Ses premières productions sont en bronze, il s’agit d’une série de voitures à essieux de type Nord et d’une série de voiture type PLM 1911 à portières latérales.

SMCF a aussi fabriqué deux voitures de banlieue en tôle type Est avec les marquages PLM ou SNCF.

Puis la marque va abandonner le bronze et la tôle pour le zamac, un matériau plus facile à mouler.

Les voitures en tôle et en bronze sont très recherchées car elles ont été fabriquées en très peu d’exemplaires et pendant peu de temps.

1951: les voitures en zamac

SMCF va se faire connaître à partir de 1951 grâce à une série de voitures voyageurs de qualité: les célèbres voitures à rivets apparents, disponibles en version SNCF et PLM.

Fin 1952, le nombre de références est impressionnant. Les voitures à rivets, les CIWL, les voitures à portières latérales, le fourgon grandes lignes et le wagon postal de grandes lignes sont au catalogue.

SMCF réalisera par la suite d’autres voitures en zamac, puis en plastique à partir de 1958.

1953: les premiers wagons

A partir de 1953, SMCF va se lancer dans la fabrication de wagons marchandises. Le premier wagon à voir le jour est le tombereau à essieux type USA sorti en 1952. Il sera suivi en 1953 par les citernes à essieux, le tombereau à bogies et les deux couverts standards.

La gamme s’enrichira ensuite de nombreux modèles.

1958: le plastique

Wagon Evian

Le premier wagon en plastique: le wagon Evian peint à la main

En 1958, SMCF passe à un stade semi–industrielle et crée ses wagons en plastique. Certains moules sont transformés comme ceux des cages à poules. Des modèles nouveaux sont créés comme les voitures Bruhat et la quasi–totalité des wagons de marchandises.

1959: le déclin

En 1959, les premières difficultés apparaissent. Suite à un manque de structures important (l’atelier de Montreuil ne fait pas plus de 300 m2), SMCF doit sous–traiter l’injection, la sérigraphie des boites et des modèles. Seuls la peinture, le montage et la décoration sont réalisés par les quelques ouvriers de l’entreprise.

De plus, la concurrence allemande est rude avec des marques comme Märklin, Trix, Fleischmann qui exportent de plus en plus, mais aussi la concurrence française avec Jouef qui monte en flèche avec des prix aux ras des pâquerettes (Hornby ACHO n’existe pas encore).

En 1960, la firme augmente ses tarifs et arrête toutes les fabrications métalliques, mais ces initiatives ne permettent pas de redresser la barre.

Pourtant, les dirigeants espèreront jusqu’à la fin car le catalogue de 1960 proclame l’arrivée d’une nouveauté SMCF chaque mois.

1961: le rachat par Meccano Hornby

En 1961, SMCF est mis en liquidation judiciaire et racheté par Meccano Hornby. Une grande partie du matériel est déplacé dans la grande usine de Bobigny. Le reste (notamment certains moules de voitures grandes lignes) sera dissimulé par Robert Guérin et René Collard qui ne voyaient pas forcément d’un très bon œil ce rachat. Ils intégreront malgré eux l’usine Meccano mais tous deux créeront en temps libre des wagons ex SMCF pour des clients et amis. Des BB 30003 dont quelques caisses ont été sauvées de la casse, seront ainsi montées et décorées vers 1964 par Robert Guérin.

1964: la suite, RMA, France Trains et MMM–RG.

En 1964, Meccano est racheté par le groupe Anglais Line Brothers. Robert Guérin et René Collard en profitent pour quitter l’usine de Bobigny, la culture industrielle leur convenant assez mal.

Robert Guérin entre alors au service de Louis Lavignes, fondateur de RMA. Ensemble ils vont fonder la CPMR, une société d’amateurs. Robert Guérin en devient le chef de production et y intègre son fils qui vient d’obtenir son CAP. René Collard intégrera quant à lui la firme France–Trains dès sa création en 1967.

Vers 1968–1969, Robert Guérin achète une maison à Chaumes en Brie dans laquelle il fabrique des modèles sous sa propre marque: MMM–RG. Après son décès en 1971, MMM–RG sera repris par son fils Michel qui va poursuivre la fabrication des modèles de trains jusqu’en 1973, date à laquelle un événement familial va le contraindre à arrêter la production. René Collard rachète alors cette maison et continue la production officieuse de voitures MMM–RG jusqu’à la fin des années 70. Il se trouve aujourd’hui dans la région de Troyes.

Fils de plombier, Robert Guérin est né à Dreux en 1920. Il y fait ses premières études à l’école communale puis entre à l’Ecole de Mécanique Générale d’où il ressort avec son CAP de mécanique. Il rentre ensuite dans une usine de Dreux comme tourneur ajusteur puis s’engage dans l’armée et rentre à l’Ecole Technique de Rochefort.

Il passe la guerre comme mécanicien dans l’aviation de chasse et passe son temps libre à réaliser des maquettes d’avion pour son unité. A la fin de la guerre, il est démobilisé et se dirige vers la maquette de chemin de fer. Il construit des maquettes à diverses échelles, principalement le O, pour le Musée des Travaux Publics et pour le musée des Arts et Métiers.

Robert Guérin est aussi intermittent du spectacle. Il emploie ses samedi et dimanche en travaillant comme clown et trompettiste d’orchestre de jazz. Il tournera même dans un film en tant que garde-champêtre.

Le marché du train prend un virage et il le sent. Il fonde la société SMCF en 1949 avec l’un de ses amis René Collard. Ils seront parmi les tout premiers à se lancer dans le HO. Le succès est au rendez-vous et les maquettes sont très appréciées des amateurs. Mais la concurrence française et étrangère arrive avec ses prix d’usine et SMCF ferme ses portes comme d’autres en 1961.

Robert Guérin intègre la société Meccano qu’il quittera rapidement pour entrer au service de l’artisan-détaillant parisien RMA. Avec Louis Lavignes, ils fondent la CPMR (Compagnie Privée du Modèle Réduit) et Robert Guérin en devient chef de fabrication.

Passionné de chevaux, Robert Guérin s’occupe aussi de son club hippique l’Eperon d’Or (anciennement situé à la place du parc floral dans le bois de Vincennes puis déplacé à Ozoir la Ferrière en 1967).

Vers 1968–1969, sans doute à cause d’un différend avec Louis Lavignes (il s’agissait de deux personnages à très forte personnalité), il achète une maison à Chaumes en Brie et fabrique des modèles sous sa propre marque: MMM–RG.

Robert Guérin décède en 1971 et MMM–RG sera repris par son fils Michel.

Modèles HO de ce fabricant 

SMCF BB 12001 SNCF
SMCF BB 12001 SNCF
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